Totentanz anno 17

Otto Dix, Totentanz anno 17, eau-forte pour le portfolio Der Krieg, Karl Nierendorf, 1924
© Adagp, Paris 2013

Otto Dix, Totentanz anno 17, eau-forte pour le portfolio Der Krieg, Karl Nierendorf, 1924
© Adagp, Paris 2013

L’année du dixième anniversaire de l’entrée en guerre a suscité une importante activité pacifiste en Allemagne, largement relayée par l’édition de portfolios d’artistes ou de livres, comme le fameux pamphlet Krieg dem Kriege, de Ernst Friedrich. Otto Dix exhume lui aussi ses souvenirs de tranchées dans une série de cinquante eaux-fortes simplement intitulée Der Krieg. Puisant dans le répertoire des primitifs germaniques et citant Les Désastres de la guerre de Goya, l’artiste décline l’expérience horrifique du front : corps émergeant de la boue ou empêtrés dans les barbelés, galeries de mutilations et blessures faciales, ruines, paysages retournés. La planche Totentanz Anno 1917 projette très directement dans cette réalité, restituant ce sentiment confus d’omniprésence des morts parmi les vivants.