Monument aux morts de Pont-à-Mousson

Monument aux morts de Pont-à-Mousson, Émile Just Bachelet (architecte), carte postale, années 1930, héliogravure, collection particulière
© Adagp, Paris 2013

Monument aux morts de Pont-à-Mousson, Émile Just Bachelet (architecte), carte postale, années 1930, héliogravure, collection particulière
© Adagp, Paris 2013

Située dans une zone transfrontalière, avec la Moselle, alors annexée à l’Empire allemand, et la Belgique, le territoire du val de Lorraine a été le théâtre de nombreuses batailles ou périrent quelques 14.000 hommes, allemands, français, belges et américains. La ville de Pont-à-Mousson a été vidée de la quasi-totalité de ses habitants à l’occasion de bombardements. Identifiée comme un haut lieu de mémoire du conflit, recevant du président Poincaré la distinction de la Croix de guerre, la ville s’est engagée dans la réalisation d’un imposant édifice mémoriel, confié au sculpteur nancéen, Émile Just Bachelet. Ce dernier a connu un certain succès dans l’entre-deux-guerres, suite à sa reconnaissance au Salon des artistes français en 1920. Auteur des monuments de Remiremont en 1924 (auquel a contribué également Jean Prouvé), de Neufchâteau et de Ban-de-Sapt en 1925, il a proposé pour Pont-à-Mousson un dispositif pyramidal monumental, associé à un répertoire de figures sculptées en relief et en ronde-bosse. Synthétisant l’imaginaire associé à la guerre, il y a entrepris le rapprochement de motifs contradictoires, créant une tension symbolique : une allégorie de la victoire brandissant un flambeau coiffe la composition, tandis qu’au revers, une femme endeuillée et voilée, renvoie à l’imaginaire médiéval du pleurant.